Les enfants et les jeunes s’expriment sur les résultats du concours d’idées


En marge de l’exposition sur la place de la Riponne, différentes rencontres ont été organisées pour permettre à chacun·e de débattre de l’avenir souhaité pour ce secteur. Parmi ces rencontres, trois moments participatifs, menés par notre mandataire Ville en Tête, ont été spécialement mis en place à destination des enfants et des jeunes.

Deux ateliers ainsi qu’un moment d’échange informel lors du vernissage se sont déroulés sur le site de l’exposition. Chaque atelier était organisé de manière à correspondre aux différents publics cibles (enfants et jeunes). En impliquant le public jeune dans cette nouvelle étape, l’objectif était de recueillir leurs impressions concernant les propositions des professionnels afin de nourrir le travail d’évolution de l’image directrice.


Le moment d’échange autour de la « fresque collective » et les deux ateliers – la « Chasse aux indices » pour les enfants et les familles et l’atelier « Toi tu en penses quoi ? » pour les jeunes – se sont déroulés à des heures d’affluence sur la Riponne et ont ainsi permis d’attirer des participant·e·s. Au total une quarantaine d’enfants ont participé à cette seconde phase participative, ce qui a permis de récolter et d’établir les conclusions exprimées ci-dessous.



Des futurs citoyens investis dans l’espace public


Un espace public adapté aux enfants et aux jeunes est un espace qui leur permet d’être actif·ve·s, et de prendre part à son animation quotidienne. Les enfants se retrouvent ainsi acteur·trice·s de cet espace. Il est donc intéressant de noter que lors des ateliers, les enfants ont particulièrement apprécié les projets au sein desquels ils pouvaient se projeter dans un rôle d’acteur·trice de l’espace public et imaginer leurs propres activités, leurs jeux, leurs mouvements, etc. Ainsi, le projet n°4 a fortement plu aux plus petit·e·s, notamment par la présence importante des toboggans, de jeux ainsi que d’aménagements et d’espaces appropriables.

Cette remarque s’applique également à la perception de la présence de l’eau pour les enfants. En effet, il a été question de profiter de l’eau pour son aspect esthétique, mais c’est principalement pour les interactions actives et ludiques que les enfants s’intéressent à l’élément de l’eau dans ces espaces. Sa forme devient secondaire, tant qu’elle permet l'interaction et les jeux.


La Riponne, un lieu de détente


Pour les jeunes, il était davantage question d’avoir un espace pour pouvoir se poser, discuter, se retrouver facilement au centre-ville dans un espace public agréable, vert et facilement accessible depuis de nombreux gymnases. Il s’agit ainsi de permettre la prise de possession de l’espace et la possibilité pour les usager·ère·s de se prélasser dans différentes configurations (assis, allongé, en groupe, seul, etc.). Ainsi, la place de la Riponne ne serait plus uniquement perçue et usitée comme lieu de passage, mais également comme lieu de destination.


L’écologie et la biodiversité, deux sujets récurrents


Ces thématiques ont été évoquées autant dans les discussions avec les plus petit·e·s que les plus grand·e·s. La récurrence de ce sujet témoigne des préoccupations écologiques pour l’ensemble des enfants et adolescent·e·s rencontré·e·s. La proximité physique avec les végétaux, l’eau et les animaux est souvent relevée dans les projets présentés et appréciée par toutes et tous. Non seulement les enfants et les jeunes décrivent la présence de verdure et d’eau comme des éléments importants en termes de biodiversité, mais ils les reconnaissent également comme essentiels pour créer une ambiance de détente et de calme. Ainsi, la forêt de la place de La Riponne illustrée dans le projet n°6 est souvent relevée par les jeunes, et représente un attrait énorme à leurs yeux, d’abord en termes de plus-value de biodiversité puis en termes d’activités possibles.


Des continuités piétonnes ludiques


Les cheminements sous forme de passerelles, de ponts suspendus, etc. permettant un dégagement visuel sur la ville ont souvent été évoqués de manière positive. L’idée de prise de hauteur depuis les points hauts, offrant la possibilité d’observer le paysage naturel et urbain, est attrayante pour les enfants et jeunes. Ces infrastructures sont également perçues comme permettant une continuité des cheminements piétons de manière sécurisée. Cette continuité des parcours doit également être pensée, pour les jeunes, en termes de revêtement et notamment les revêtements lisses pour les trottinettes, les vélos, les rollers, etc.


Des aménagements partagés


L’un des aspects concernant l’espace public qui est fortement ressorti est celui d’aménagements multifonctionnels partagés et collectifs. Bien qu’ils souhaitent des aménagements qui leur sont destinés, les enfants et les jeunes ne semblent pas vouloir voir la place de la Riponne ponctuée d’espaces et d’aménagements sectoriels (place de jeux fermée, aménagement sportif à usage unique, etc.), mais au contraire de pouvoir les partager, et que les utilisateur·trice·s et les fonctions se rencontrent et se mélangent.

Certaines remarques vont au-delà de la juxtaposition des aménagements pour des publics spécifiques. Ainsi ils envisagent le partage d’un même équipement soit grâce à sa taille (on peut s'asseoir à un bout ou l’autre) ou dans le temps (les utilisateurs en journée ne sont pas les mêmes le soir). Cet aspect permettrait selon les jeunes d’apporter plus d’animation et de monde, et ainsi plus de sécurité, d’envie et d’autonomie. Ainsi, la question de la mixité d’aménagements et d’utilisateur·trice·s est perçue comme bénéfique pour l’activation de l’espace.





Saisonnalité et modularité des aménagements et des ambiances


Le revêtement des places a souvent été évoqué lors des ateliers. Les grandes pelouses permettent de s’asseoir ou de jouer confortablement, elles offrent une certaine flexibilité d’usage. Il a souvent été question de revêtements compatibles à une multitude d’activités tout en cherchant à ne pas uniformiser et bétonner la place. Cette diversité peut être, comme mentionnée précédemment, fonction de l’usage pluriel des aménagements collectifs et non sectoriel, et permettre un espace pour toutes et tous. La diversité peut également se trouver, à plus grande échelle, dans le traitement des différents espaces du secteur. Les enfants et les jeunes se projettent ainsi facilement dans des ambiances très distinctes pour les deux places. Ces identités propres sont envisagées en fonction de leurs échelles, l’une comme lieu de rassemblements multiples, attracteur au centre de la ville, l’autre comme place de quartier.

Leurs complémentarités en termes de fonctions semblent ainsi émergées de leur discours. Le traitement de l'îlot de la rue des Deux-Marchés n’est pas aussi clair : Pour qui, pourquoi, comment ? Certains enfants et jeunes ne connaissaient d’ailleurs même pas son existence. Convient-il alors de le mettre en lumière en le reliant aux deux places ou de renforcer son identité secrète et son ambiance d'îlot semi-public ? Une variation des identités urbaines en fonction des différents moments de la journée ou des saisons semble également importante. Les aménagements pourraient varier dans le temps, et les idées de patinoires ou de cinéma en plein air ont beaucoup été appréciées par les enfants et les jeunes.