Interact: PiazzArena Riponne

Mis à jour : 27 mai 2019

Quelle(s) vision(s) pour le secteur Riponne Tunnel ? Perspectives de projet urbain des étudiants de deuxième année de la Maîtrise en Géographie, spécialisation Urbanisme Durable et Aménagement des Territoires (UDAT) de l’Institut de géographie et durabilité de l’UNIL.


Diagnostic

Quels sont les constats et enjeux actuels du secteur Riponne-Tunnel ?

Pour commencer, en termes d’espaces verts l’agglomération lausannoise connaît un « vide » au centre. Sur le secteur Riponne-Tunnel, quelques espaces verts peuvent être identifiés. Ainsi, malgré le paysage minéral dominant, il existe un potentiel à développer. Ensuite, en termes de mobilités et d’accessibilité, le secteur Riponne-Tunnel est un véritable pôle multimodal. Cependant, la cohabitation entre transports individuels motorisés et mobilité piétonne est rendue difficile par les voiries qui fragmentent l’espace.

Le secteur manque également d’une identité forte. Pourtant, l’histoire démontre que cela n’a pas toujours été le cas. En effet, la place de la Riponne a été le lieu symbolisant le lien entre l’urbain et le rural, par sa fonction de place du marché. Ainsi, il fut un temps où la cohabitation entre la grenette, le marché et le palais de Rumine faisait le succès d’une place dynamique.

En comparant le secteur à différentes places romandes ou lausannoises, la place de la Riponne démontre un potentiel intéressant de visibilité à diverses échelles, grâce à son emprise au sol importante. Le Tunnel se range plutôt dans la catégorie des places de quartier. Toutefois, la Riponne ne jouit pas des éléments permettant de rayonner comme tel. En effet, la programmation du secteur Riponne-Tunnel n’est pas adaptée à son potentiel tout en souffrant d’une mauvaise appréciation auprès des citoyens. Ces deux facteurs semblent corrélés, si l’on se réfère par exemple à Plainpalais à Genève (Cirque du soleil), à la place du marché de Vevey (fête des vignerons) ou à la place de la navigation à Ouchy (FanZone durant les grands événements footballistiques), qui jouissent ponctuellement d’une visibilité et attractivité importante.

Ces places sont également représentatives d’espaces multifonctionnels réunissant une pluralité de fonctions. Concernant ce critère, la Riponne n’est pas en reste. Pourtant, il n’existe actuellement aucune cohérence spatiale entre la place et le secteur se rapprochant de l’archipel de lieux plutôt que d’un secteur multifonctionnel attractif.


L’arène comme concept

Tout n’est pas perdu. En effet, la Riponne jouit d’une taille importante, d’une localisation intéressante (centrale), mais également d’une morphologie unique, qui rappelle la forme de l’arène : une place centrale entourée de balcons et de fronts bâtis. Ainsi, tous les regards peuvent potentiellement être attirés par le centre de la place.

Etymologiquement, une arène est un lieu recouvert de sable ou de gravier. Cette idée de lieu sablonneux peut être retrouvée dans différentes définitions d’une arène.

En Espagne et au Sud de la France, elle symbolise le lieu des corridas. Dans le monde gréco-romain antique, elle symbolise les combats de gladiateurs. Ainsi, plusieurs caractéristiques ressortent de l’idée d’arène : le rapport entre acteur et spectateur, ainsi que l’idée de cohésion sociale en sont les principales. L’arène dans son évolution devient aussi métaphorique : l’arène politique, par exemple.


Spatialement, sa forme moderne devient le stade. Etymologiquement une unité de mesure, le stade devient peu à peu un lieu central dans le monde du sport. Le stade d’aujourd’hui a une emprise au sol conséquente, mais également une accessibilité multimodale, ainsi qu’une offre multifonctionnelle. Le stade devient ainsi un réel flagship participant au dynamisme et à l’image positive d’une ville.


Principes directeurs et scénarios

La place de la Riponne répond morphologiquement, mais aussi fonctionnellement aux caractéristiques d'une arène moderne. Cependant, créer un stade sur la place n’est pas l’objectif. Ce serait plutôt de transposer ces caractéristiques, en les utilisant comme principe directeur. Physiquement, il s’agit d’y aménager des gradins habitables sur la base des balcons déjà présents aux abords de la place. Une première étape serait effectuée pour 2026, ce qui condamnerait une première entrée de parking. Puis, la métaphore serait poussée à son paroxysme à horizon de 2050 en maximisant l’aménagement de gradin. Le parking disparaitrait permettant d‘orienter le regard sur le centre de la place de manière plus poussée. Une nouvelle programmation adaptée à son envergure verrait ainsi le jour.

Pour cela, plusieurs partenariats avec des acteurs de la vie culturelle et sportive lausannoise pourraient être imaginés. Par exemple, une patinoire en hiver, un terrain de volley en été en lien avec les clubs sportifs locaux. Mais aussi des spectacles ou des expositions organisées en partenariat avec des médias, des institutions d’enseignements ou encore les musées cantonaux du palais de Rumine.

Au nord de la place, un marché couvert serait aménagé, dans le but de de créer de la continuité entre la Riponne, la rue des deux marchés et la partie sud de la place du Tunnel, mais également de rendre ces parties du secteur plus attractives. La place du Tunnel, moins concernée par le concept directeur d’arène serait réaménagée par les usagers, par le biais d’un travail participatif avec la ville. Les seules mesures amenées par le projet seraient une meilleure connexion entre les rez-de-chaussée actifs déjà existant et les deux parties de la place, une réaffectation du bâtiment de la partie nord de la place du Tunnel, pour en faire une maison de quartier et la suppression du parking actuellement présent.




Cotting Laurent, Croci Stefano, Garcia Diego, Gigandet Corentin