Des questions toujours en suspens… Secteur du Tunnel


L’équipe de pilotage du projet Riponne-Tunnel du Service de l’urbanisme a produit une première version d’image directrice sur la base des résultats du concours. Cette image directrice a été présentée lors de l’exposition sur la place de la Riponne. Les réflexions de l’équipe ont permis d'identifier certaines problématiques qui ont été soumises au public sous forme de questions précises. Trois focus groups ont été organisés en octobre réunissant des acteurs économiques, sociaux et culturels présents dans le quartier, et des habitant·e·s et usager·ère·s du secteur Riponne-Tunnel ayant contribué à la démarche depuis son lancement en septembre 2018. Les participant·e·s à ces focus groupes ont apporté des éléments de réponse parfois consensuels parfois contradictoires aux questions du Service de l’urbanisme.


En complément, des dépliants contenant les fameuses questions ont également été mis à la disposition des visiteur·euse·s de l’exposition afin de leur permettre d’apporter leurs réflexions à ces mêmes interrogations. Ce sont en tout 30 dépliants qui se sont retrouvés dans l’urne de récolte prévue à cet effet aux abords de l’exposition et 13 personnes qui ont participé à ces différents focus groups. Voici une synthèse des diverses réponses apportées aux questions par toutes ces personnes.



Comment valoriser le bas de la rue de la Borde en lien avec la forêt (Bois de la Grande Borde) et la place du Tunnel ?


Les participant·e·s partagent l’idée de réduire la présence de la voiture à cet endroit. Que ce soit avec une réduction de sa présence sur la route ou en stationnement.


Le rétrécissement de la chaussée est également avancé, car elle est très large à cet endroit et cela permettrait de gagner de l’espace pour les piétons, de l’espace physique et symbolique. Cette diminution est complétée par une grande envie de végétaliser la rue et le mur le long de celle-ci, ce qui créé le lien avec la forêt de la Grande Borde, le lien végétal du moins. Car les liaisons de mobilité douce sont faibles entre la forêt et la rue de la Borde, avec des accès peu nombreux et peu praticables. Il convient ainsi selon les répondant·e·s d’assurer la perméabilité de la rue de Borde en ne fermant pas cette rue et en assurant la signalétique des itinéraires.


"La place du Tunnel n’a pas d’arrière quartier car il y a une forêt, et donc il faut appuyer cette liaison qui permettrait de valoriser au maximum l’existant !"


Certain·e·s aimeraient voir ressurgir la rivière Louve à la surface, alors que d’autres préfèrent voir s’y implanter des terrasses. Une idée originale est celle de supprimer le mur de soutènement actuellement en place pour créer des rez-de-chaussée actifs. Pour appuyer le lien entre le quartier de la Borde et la place du Tunnel, certain·e·s proposent un changement de toponymie, en renommant la partie nord de la place du Tunnel en place de la Borde. L’amélioration de la place du Tunnel doit être conjointe à celle de la rue de la Borde, qui nécessite une nouvelle identité, pour redorer son image, selon certain·e·s participant·e·s.



"La place du Tunnel est en fait composée de deux places : le petit triangle et le grand triangle. Pourquoi on ne pourrait pas imaginer de changer le nom du grand triangle en place de la Borde au lieu de place du Tunnel. La petite place pourrait rester la place du Tunnel. Cela permettrait d’inclure la place et de la tourner directement avec les habitants de la Borde."




Faut-il construire un nouveau bâtiment au sud de la place du Tunnel ?

La majorité des participant·e·s ne souhaitent pas voir de nouveau bâtiment à cet endroit. Ce serait dommage d’y construire un bâtiment trop encombrant qui enlèverait l’aspect place en triangle du lieu. Consensus général : Le parking sur le petit triangle de la place du Tunnel doit partir ! Un parc arboré pouvant accueillir les terrasses des cafés déjà présents aux marges de la place est davantage souhaité. Néanmoins, certain·e·s ne sont pas contre l’idée d’un bâtiment, mais cela doit rester une structure légère et modulable, une halle de marché par exemple ou plusieurs petits édicules de restauration par exemple. La halle ne marché ne fait cependant par l’unanimité, sur sa localisation en particulier, la plupart des participant·e·s en verrait plutôt une sur la place de la Riponne, dans l’optique de maintenir une atmosphère « de quartier » à la place du Tunnel.


"Si on marche au milieu de la rue de la Borde, on a une magnifique vue sur la cité. Donc construire serait erreur de perte de vue énorme."



"Quand on offre des espaces originaux, les gens ne se les approprient pas forcément comme on aurait imaginé. Il faut une flexibilité dans cet espace ! C’est à l’usage que l’on voit le rôle d’un espace."


L’importance de l’animation de la place est revenue de nombreuses fois, afin qu’elle soit vivante et ne devienne pas une place abandonnée. Un support d’animation est ainsi nécessaire selon les participant·e·s. Cet aspect se recoupe avec l’importance de la programmation de la place, plus que celle de sa matérialité. En effet, une programmation judicieuse permettrait aux usager·ère·s de la place de se l’approprier de manière optimale. En filigrane de la question du sud de la place du Tunnel, une virulente opposition s’est fait sentir concernant la conservation du parking du bâtiment Riponne 10, alors que les places publiques sont supprimées pour les habitant·e·s au sud de la place du Tunnel (et ceci est salué par ces mêmes habitant·e·s). La mutualisation de ce parking pourrait être une piste à envisager.



"Non ! Il ne faut pas de bâtiment. Les façades ont une harmonie, etc… je ne suis pas sûr qu’une halle de marché attire du monde, et c’est une très belle place lausannoise arborisée. Il ne faut surtout pas ajouter un bâtiment."